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14 Octobre 1999

"Affaire Léandre"

Le maire de Condé remet les pendules à l'heure !

Dans "l'affaire Léandre", il est bon de faire un rappel des épisodes précédents. Le mercredi 22 septembre, lors d'une conférence de presse, le président de l'Office municipal de tourisme de Vire regrette que la ville de Vire dont le musée possède le fond d'atelier du peintre de Champsecret Charles Léandre (1862-1934) se soit "fait souffler" la collection d'oeuvres de ce même artiste que M Buron, ancien pharmacien et maire de La Ferrière-aux-Etangs de 1954 à 1977, avait rassemblée et qu'il exposait jusqu'à cet été à Montreuil-Bellay (Maine-et-Loire). Le lundi 4 octobre, l'adjoint aux affaires culturelles Alain Vallée et la conservatrice du musée Yvonne Lelégard tiennent, à leur tour, une conférence de presse (La Manche Libre-Calvados datée du 10 octobre) qui, de par son contenu, amène le maire de Condé-sur-Noireau Pascal Allizard à convoquer lui aussi une conférence de presse quatre jours plus tard, exactement vendredi soir dernier 8 octobre.

"Faux, faux, faux..."

Pour Pascal Allizard, les propos tenus par M Vallée et Mlle Lelégard sont "inadmissibles". De plus, les arguments qu'ils ont avancés sont "fantaisistes" et montrent au moins "leur dépit" mais surtout "leur méconnaissance totale du dossier". Et le maire de Condé de prendre les arguments de M Vallée et de Mlle Lelégard un par un.
La collection Buron se compose essentiellement d'une douzaine d'huiles et d'autant de pastels ? "Faux ! Elle comprend plus de deux cents pièces : trois sculptures, douze peintures, dix-huit pastels, soixante-cinq lithographies originales, soixante-dix dessins originaux et quatre-vingt-onze affiches".
M Buron en voulait 10 millions ? "Faux ! Jamais ce prix n'a été demandé. Les premiers chiffres avancés étaient compris entre 5 et 7 millions".
La ville de Condé l'a achetée 3,9 millions ? "Faux ! La collection a été négociée à hauteur de 3,3 millions. Les 600.000 F restants concernent l'achat de la bibliothèque de M Buron qui comprend u ne importante documentation sur Léandre et environ soixante-dix volumes dont une Madame Bovary illustrée par l'artiste de Champsecret et évaluée, à elle seule, 200.000 F. Le conseil municipal a d'ailleurs décidé de cet achat, le 22 juillet, à l'unanimité de ses trois groupes. De plus, le sous-préfet qui avait deux mois pour réagir, à partir du 28 juillet, n'a rien trouvé à redire."
La collection Buron n'a été évaluée que par son propriétaire et a été payée deux fois son prix ? "Faux ! Elle a fait l'objet de trois expertises. La première par un commissaire-priseur (Me Blanchetière, d'Argentan, qui a déjà vendu des Léandre) et un libraire (M Renaudeau d'Arc, d'Evreux). La seconde par un expert agréé (Jacques Mahier, de Condé), un commissaire-priseur (Gilles Toutain, de Vire) et un expert en vieux papiers, cartes postales et livres anciens (Jean-Claude Trégnier, de Falaise). La troisième par un consultant culturel (Eric Lefèvre) et un collectionneur averti (Hervé Moélo). Ces trois expertises, si elles pouvaient différer dans les détails, étaient cohérentes et tournaient aux alentours de 4 millions".
Les oeuvres de Charles Léandre qui passent au feu des enchères ne font pas de bien grosses sommes ? "Faux ! Le 6 juin dernier, à Cheverny, par exemple, un pastel signé Léandre et daté de 1900, représentant Mlle Sybille Achard de Bonvouloir a été vendu 85.000 F sans compter les frais".
La DRAC a refusé de participer au financement de l'opération ? "Faux ! Elle n'a pas été sollicitée. Pas plus d'ailleurs que François Arnaud dont M Vallée fait un directeur des musées alors qu'il est conseiller. Un conseiller qui a donné une estimation de 2 millions sans avoir procédé à un examen pièce par pièce de la collection."
Le département et la région n'ont jamais étudié ce dossier ? "Faux ! J'ai rencontré personnellement Anne d'Ornano et René Garrec auxquels j'ai présenté et remis un dossier détaillé. Chacun m'a assuré de son soutien et prendra un tiers de la dépense à sa charge".

"Lamentable et inacceptable"

Pascal Allizard qui a développé bien d'autres arguments encore, a conclu : "Des propos odieux ont été tenus à propos de M Buron, aujourd'hui âgé de 84 ans. C'est lamentable. La ville de Condé et ses élus ont été mis en cause. C'est un acte d'ingérence et c'est inacceptable".
Enfin, le maire conseiller général de Condé-sur-Noireau, a fait état de deux coups de téléphone que lui a adressés le maire de Vire Jean-Yves Cousin pour l'assuré "de sa bonne foi". Le maire de Condé qui a laissé entendre que, devant lui, le maire de Vire se serait désolidarisé de son adjoint à la culture, a conclu : "Je veux bien le croire mais dans ce cas je signale qu'un adjoint condéen qui agirait comme cela, ne serait plus adjoint le lendemain !"

 

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