Le Bocage Libre
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6 Mai 1999

Réfugiés
L'AVAR et les Kosovars

L'Association Viroise d'Aide aux Réfugiés (AVAR) a tenu son assemblée générale l'autre mercredi soir 28 avril, salle du Petit Marché, sous la présidence de Claudette Peytremann et en présence d'une douzaine de personnes dont seulement deux hommes !
Mmme Peytremann a ouvert cette réunion en présentant un bilan des activités de l'année écoulée et en donnant des nouvelles des cinq familles d'origine cambodgienne épaulées par l'association. Les familles Sim (arrivée à Vire en 1982), Saing (1982), Phath (1989), Tun (1990) et Huynh (1992) regroupent une trentaine de membres. Il en va de ces familles comme des autres. Pour certaines tout va bien alors que pour d'autres les difficultés (comme de graves problèmes de santé) s'accumulent. Ces familles n'étant plus du tout dans la phase d'installation et recevant les aides sociales auxquelles elles ont droit, l'AVAR qui a géré des budgets beaucoup plus importants et dont les dépenses n'ont été que de 6.584 F au cours de l'année écoulée, consacre principalement ses moyens aux dix-neuf enfants qui sont d'âge scolaire dont sept pour la seule famille Phath.
Bien sûr, l'AVAR qui a été fondée en 1982, succédant à un comité créé en 1979 et qui regroupe vingt-sept adhérents, a été amenée à réfléchir au problème kosovar. Le bureau de l'association, considérant le flou de la situation et le fait, par exemple, qu'elle ne possède pas de logement vacant, a décidé de laisser l'initiative à la ville et a affirmé "si Vire décide d'accueillir des Kosovars, l'AVAR mettra naturellement ses dix-sept ans d'expérience à leur service".

"le maximum" pour les Kim

L'association fera, par contre, "le maximum" pour sortir les Kim de la prison de Bangkok, capitale de la Thaïlande. Ces Vietnamiens... cambodgiens (une partie du Vietnam est peuplée de Cambodgiens) qui, avec les membres de deux autres familles et à la suite de complications incroyables, n'ont pas pu passer du statut de "personnes déplacées" à celui de "réfugiés" et qui, du coup, sont devenus des "immigrés illégaux", ont été emprisonnés au camp de Sikiew pendant trois ans puis enfermés dans la prison de Bangkok depuis trois ans ! Un témoin qui les a rencontrés le mois dernier raconte : "Ils sont enfermés dans des cages du genre de celles où l'on met les bêtes féroces dans les zoos. Une par famille et les célibataires dans une plus grande. Les femmes et les dix enfants âgés de 2 à 19 ans (sans la moindre scolarisation) sont autorisés à en sortir quelques heures par jour mais sans quitter le coeur de la prison, entouré de grilles et surveillé par des gardes mitraillette au poing." L'ambassade de France, le gouvernement et la présidence de la République sont alertés et devraient parvenir à une solution. Dans ce cas, l'AVAR est fermement décidée à accueillir l'un de ces trois familles, la famille Kim qui se compose du père (34 ans), de la mère (28 ans) et de trois enfants nés dans un camp de réfugiés (7 ans), dans le camp de Sikiew (5 ans) et dans la prison de Bangkok (2 ans). L'AVAR qui, depuis 1982, a accueilli onze familles, pourra alors faire appel à la générosité des Virois et des Bocains. En attendant, ils peuvent déjà souscrire une adhésion de membre actif (50 F), de membre honoraire (à partir de 100 F) ou de membre bienfaiteur (à partir de 250 F) auprès de la présidente Claudette Peytremann (3, rue François-Mauriac) ou de la trésorière Josette Labas (204, rue d'Anjou).

 

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